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20-25 octobre 2026

La Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière
Entrée par le square Marie Curie
47, Bd de l’Hôpital, 75013 Paris

E.6 Salon /H

Livia Melzi

Laboratoire pour un musée du futur

 

 

DOSSIER DE PRESSE

 

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Conçue pour Offscreen Paris et présentée dans la Chapelle de la Salpêtrière, Laboratoire pour un Musée du Futur ouvre un nouveau chapitre de la recherche que Lívia Melzi consacre aux relations entre images, mémoire et institutions. Pour l’artiste, la photographie n’est jamais une fin en soi, mais un outil de recherche qui s’intègre à des dispositifs où dialoguent images, objets, matériaux, documents et récits. Par son histoire, son architecture et sa dimension symbolique, la Chapelle de la Salpêtrière prolonge cette réflexion sur les métamorphoses des institutions et les formes de transmission.

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Depuis plus d’une décennie, Lívia Melzi mène une enquête entre le Brésil et l’Europe autour des collections ethnographiques, des archives coloniales et des conditions de circulation des objets et des images. Des collections du Museu Nacional de Rio de Janeiro aux manteaux tupinambá aujourd’hui dispersés dans les musées européens, son regard s’est progressivement déplacé : des objets vers les images qui les rendent visibles, puis des images vers les récits qui leur donnent sens. Plus que les collections elles-mêmes, ce sont désormais les systèmes de représentation qui les produisent, les hiérarchisent et les interprètent qui constituent le cœur de sa recherche.

Les gravures de Théodore de Bry occupent une place essentielle dans cette réflexion. En façonnant dès la fin du XVIᵉ siècle un imaginaire européen du Brésil et des peuples autochtones, elles ont durablement influencé les récits coloniaux et les représentations muséales. Loin de relever d’un passé révolu, ces images continuent d’agir sur notre manière de regarder les collections, d’écrire l’histoire et de définir ce qui mérite d’être conservé. Elles constituent moins des documents historiques que les matrices visuelles d’un imaginaire encore actif.

L’incendie du Museu Nacional de Rio de Janeiro en 2018 marque un tournant décisif dans cette recherche. La disparition de près de dix-sept millions de pièces révèle brutalement la fragilité des institutions patrimoniales et pose des questions fondamentales : que devient le musée lorsque ses collections disparaissent ? Que reste-t-il des objets lorsque le récit institutionnel qui leur donnait sens s’effondre ? Comment transmettre une mémoire lorsque les archives elles-mêmes deviennent lacunaires ? Dès lors, l’enjeu n’est plus seulement de préserver des collections, mais de repenser les formes de production et de transmission du savoir.

Là où le musée moderne cherchait à préserver les objets, à garantir leur authenticité et à fixer un récit, la pratique artistique ouvre un autre espace de connaissance. Elle accepte l’incertitude, les lacunes de l’archive, la circulation des images et la pluralité des mémoires. L’œuvre ne vient pas réparer la perte ; elle en fait le point de départ de nouvelles hypothèses et de nouveaux récits. C’est dans cet espace de déplacement que s’inscrit le projet présenté à Offscreen.

Laboratoire pour un Musée du Futur constitue ainsi le premier chapitre d’une recherche plus vaste intitulée Musée du futur. Celui-ci ne désigne ni une institution idéale ni un modèle muséal à inventer, mais un champ d’expérimentation où les objets et les images cessent d’être envisagés comme des témoins figés du passé pour devenir les supports de relations, de circulations et de récits en constante reconfiguration.

L’installation ne propose ni une exposition documentaire ni une reconstitution historique, mais fonctionne comme un laboratoire où images, objets et récits peuvent être continuellement réagencés.

Dans l’espace de la chapelle, quatre tapisseries d’Aubusson inspirées des gravures de Théodore de Bry sont suspendues côte à côte. Présentées sur leur envers, elles font apparaître l’image inversée comme un négatif photographique. Ce renversement déplace le regard porté sur ces représentations et sur l’imaginaire qu’elles ont contribué à construire.

Face aux tapisseries, une longue table traverse l’espace. Elle rassemble des photographies d’archives et des documents issus des recherches de Lívia Melzi, notamment autour des collections disparues du Museu Nacional. La table se substitue symboliquement à la vitrine muséale : plutôt que d’isoler et de figer les objets, elle met en relation des images et des traces. Les rapprochements qu’elle propose restent ouverts, provisoires et réversibles ; le savoir s’y construit moins par accumulation que par le montage et la mise en relation.

En faisant dialoguer photographie, tapisserie et archive, Lívia Melzi esquisse les premiers contours d’un musée qui ne se définirait plus par l’accumulation des collections, mais par la circulation des mémoires, la pluralité des récits et la capacité des images à produire de nouvelles formes de connaissance. Plus qu’une proposition d’exposition, Laboratoire pour un Musée du Futur ouvre un espace où le musée cesse d’être le lieu de la conservation pour devenir celui d’une histoire toujours en cours de réécriture.

Philippe Zagouri

œuvres exposées
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Le théâtre cannibale de Bry, I, 2022, tapisserie d’Aubusson, 180 x 216cm ©Livia Melzi - courtesy de l’artiste & Salon H, Paris

Le théâtre cannibale de Bry, II, 2022, tapisserie d’Aubusson, 180 x 216cm ©Livia Melzi - courtesy de l’artiste & Salon H, Paris

Le théâtre cannibale de Bry, VI, 2022, tapisserie d’Aubusson, 180 x 216cm ©Livia Melzi - courtesy de l’artiste & Salon H, Paris

Le théâtre cannibale de Bry, VII, 2022, tapisserie d’Aubusson, 180 x 216cm ©Livia Melzi - courtesy de l’artiste & Salon H, Paris

1888-2018 (2024) – © Lívia Melzi / Courtesy Salon /H

Lívia Melzi – Boîte 30 – 2024 – © Lívia Melzi / Courtesy Salon /H

Lívia Melzi – Rescue Objects III – 2024 – © Lívia Melzi / Courtesy Salon /H

Lívia Melzi – Rescue Objects VI – 2024 – © Lívia Melzi / Courtesy Salon /H

Rescue objects I, 2024 © Lívia Melzi / Courtesy Salon /H

Lívia Melzi – SN1928* – 2024 - © Lívia Melzi / Courtesy Salon /H

Rescue objects V (2024) © Lívia Melzi / Courtesy Salon /H

artiste exposé
SalonH.Livia.Melzi
Artiste brésilienne vivant en France, Lívia Melzi développe une pratique à la croisée de la photographie et des arts plastiques. À partir d’archives, d’objets muséaux et de récits coloniaux, elle interroge les mécanismes de construction de l’histoire, de la mémoire et des identités. Son travail a notamment été présenté au Palais de Tokyo.

 

a

Tue ‒ Thu: 09am ‒ 07pm
Fri ‒ Mon: 09am ‒ 05pm

Adults: $25
Children & Students free

673 12 Constitution Lane Massillon
781-562-9355, 781-727-6090