TABULA RASA
livia melzi
curatrice margaux knight
Exposition du 8 mars au 18 avril 2025
.
.
En exposant les contradictions du musée, entre conservation et dépossession, entre sacralisation et effritement de son autorité, Melzi utilise la photographie comme outil de redistribution du pouvoir. Alors que les statues coloniales vacillent et que certains musées brûlent ou se transforment, l’oeuvre de Livia Melzi esquisse un nouveau paradigme : faut-il opérer une tabula rasa ? Que faisons-nous des restes calcinés, des fragments funéraires, des fonds photographiques sur le point de disparaître, des moules de statuaires… et de quoi remplirons-nous le futur Musée National de Rio ?
.
Margaux Knight, curatrice
livia melzi
.
Lívia Melzi vit et travaille entre Paris et São Paulo, au Brésil. Océanographe de formation, elle est diplômée d’un Master Photographie et Art Contemporain à l’Université Paris VIII. Elle intègre en 2022 le programme doctoral en Art et littérature de l’Université de Zurich. C’est lors de ses recherches dans les fonds photographiques de la BnF qu’émerge une pratique à portée décoloniale, qui interroge la place des images européennes dans la fabrication d’une « fiction » brésilienne. Dès lors, les institutions muséales, leurs archives et les enjeux de pouvoir liés à l’image deviennent son principal terrain de recherche. En 2018, l’artiste entame un projet au long cours autour de la notion d’anthropophagie,. Au cœur de cette recherche se trouvent les manteaux Tupinambá, objets rituels utilisés lors de cérémonies anthropophages, puis conservés dans des collections européennes pendant plus de quatre siècles. Depuis une double perspective, franco-brésilienne, l’artiste développe en 2021 l’installation « Qu’il était bon mon petit français », une conversation entre anthropophagie et art de la table. L’œuvre reçoit le Grand Prix du Salon de Montrouge. L’année suivante, l’artiste fait l’objet d’une importante exposition personnelle au Palais de Tokyo intitulée ‘Tupi or not Tupi’.